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sinuzoid
Description du blog :
Un blog hors genre, farfelu et caustique, à la fois sismographe et électroencéphalogramme...
Catégorie :
Blog Blogzine
Date de création :
16.04.2007
Dernière mise à jour :
03.11.2009

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merci pour ces bons conseils. j'ai toutefois, une petite question. je ne sais pas la différence entre "voix" e...
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FIN

Publié le 03/11/2009 à 01:21 par sinuzoid
Donc voilà. Il faut bien s'arrêter un jour. Toutes ces bouteilles de mauvaise vie, d'envies de vin et de déviances, je les scelle à jamais. Tant pis. Tant mieux. Puisqu'elles ont toutes fini au fond des fosses, brassées par les houles, brisées par les tankers et bues, au final, par des bancs innombrables. Merci aux poissons qui m'ont lu, aux espadons, aux requins, aux lottes, aux murènes, aux sardines. Merci au plancton, pixel de mer, aux algues ces clics, à l'écume des pages. Un poisson dans l'eau.
Quelle connerie, ce blog! Personne ne m'a lu, personne ne m'a vu, personne vaincu! Moi qui rêvais d'obnubiler sur la toile, d'enchanter, d'ouvrir des grands yeux! Mais pas assez de marques, pas assez d'événements, d'actu, de contenu. Je garde ça pour moi, dorénavant. Moi seul.
Un bilan : la page la plus visitée est : comment écrire un roman? Preuve qu'on est une paille à se la poser, la question. Et comment vivre aussi! Toujours pas de réponse après trois ans d'offrande, - plus que trois ans!
Quoi d'autre? Trop de politique. un profond désespoir. L'obsession monomaniaque d'une révolution, d'un grand soir qui n'arrivera jamais - sinon tous les soirs. Puisque c'est tous les soirs que s'élèvent les barricades.
Et moi qui vais crever, je laisse à la toile une poignée de pages. Pas plus.
Dont acte.


NO FUTURE (notre futur)

Publié le 23/06/2009 à 02:09 par sinuzoid
Nos parents nous ont foutu dans une sacrée merde, et ce, pour les raisons suivantes :
1°) Ils nous ont mis au monde. Nous leur avons suffisamment reproché toute notre adolescence durant, mais ça ne coûte rien de le rappeler. Et puis, ça économise une séance de psy. Ils nous ont, ajouté-je, égoïstement mis au monde, avec leur petite libido et leur idéalisme à deux balles, j'ose aujouter, avec leurs regrets et leurs frustrations.
2°) Contrairement à leurs propres parents, nos parents ne nous ont jamais rebattu les oreilles à coups de jérémiades sur la guerre, les tickets de rationnement, le travail obligatoire et les Fritz. Nos parents nous ont parlé de Mai 68, de l'Europe, de la loi sur l'avortement et de l'abolition de la peine de mort. Bref, nos parents n'ont jamais été des vieux cons, du moins ils ne se sont jamais assumés comme tels - mais il faut bien les observer quand ils nous parlent avec leur petit air lubrique de la libération sexuelle, des Beatles et du communisme, avant d'enchaîner, avec une commisération hypocrite, sur le SIDA, la chute du mur de Berlin et le chômage. Nos parents nous ont bercé d'illusions, de leurs illusions. Une raison de plus pour leur en vouloir. Grâce à eux, le monde allait progressivement connaître le bonheur éternel. La guerre allait être définitivement enterrée dans les livres d'histoire. Nous allions nous aimer, éternellement, et chanter ensemble, grâce à eux, grâce à Mai 68, à la contre culture, et aussi à John Lennon. Tout ce que nous tentâmes d'entreprendre était voué à l'échec. Ils nous ont fait croire pendant toute notre adolescence qu'ils avaient déjà changé le monde, et que ça ne servait à rien de le changer encore une fois.
3°) Ils nous laissent un monde pourri et pollué. Non content d'avoir libéralisé les mœurs et transformé nos corps en marchandises, nos parents ont accouché d'un monde extrêmement toxique, et n'ont de cesse de nous culpabiliser avec leur écologie et leur préservation de l'environnement. A l'instar du "grand vainqueur des européennes", ils sont passés du rouge au vert, pour leur plus grand plaisir. Rouge comme l'amour et la fraternité, vert comme les printemps de mai, la forêt amazonienne et leur étonnante longévité sexuelle. Disons plutôt rouge sang, et vert de décomposition.
4°) Ils ont l'intention de vivre encore très longtemps, et comptent sur notre labeur pour payer leur retraite. Tandis que nos parents se prélasseront sur des paquebots, nous écoperons la montée des eaux due au changement climatiques et travaillerons comme des chiens. Nos parents nous diront alors que nous n'avions qu'à faire Mai 68.
5°) Tout enorgueillis avec leur Mai 68, nos parents ont laissé une poignée de crétins ultra libéraux prendre le pouvoir et plonger le monde dans un immense désastre anthropologique, aussi appelé crise, condamnant chacun d'entre nous à l'angoisse et à la veulerie la plus insoutenables.
Il y a encore de nombreuses et toutes aussi excellentes raisons d'en vouloir à nos parents de nous avoir foutu dans la merde. Ici ou là des voix se font entendre pour dénoncer cette odieuse manipulation. Mais déjà les tenants du pouvoir s'accrochent à leurs privilèges, n'hésitant pas à faire usage de la force pour faire taire les séditieux.
Le fait divers de Guémar, dans le Haut-Rhin, survenu le 13 juin 2009, en témoigne évidemment : un homme a sorti une arme en direction d'un groupe d'adolescents "qui parlaient fort" dans le village. Il a tiré à trois reprises sur l'un des jeunes qui tentait de parler avec lui, le touchant grièvement à l'épaule. Ce dernier est décédé des suite de ses blessures. "Il nous a crié dessus de loin. La victime s'est rendue sous ses fenêtres pour savoir ce qu'il voulait et là, il s'est fait tirer dessus avec la carabine", a expliqué Alain, 25 ans, qui faisait partie du groupe d'une dizaine de jeunes gens rassemblés sur une placette.
Le mieux pour nous est de nous réunir dans des lieux sécurisés, à l'abri des oreilles parentales indiscrètes. La lutte continue.

ELIE OU DIEUDONNÉ

Publié le 04/06/2009 à 13:35 par sinuzoid
ELIE OU DIEUDONNÉ
C'était la belle époque, Elie et Dieudonné. C'était l'époque de Bedos, Boujenah et Smaïn qui chantent "Méditerrannée".
On dirait que ça buzze sur Dieudonné. Doit être content, le con. C'est étrange qu'on n'explique pas, je veux dire précisément, pourquoi cette liste "antisioniste" est profondément antisémite, qu'elle n'est au fond qu'un nouvel avatar de l'antisémitisme à l'occidentale, un antisémitisme moderne en définitive, qui n'en est pas moins dangereux et retors, qui l'est peut-être davantage - comme le montrent les mouvements de panique de ces messieurs de la classe politique. Dieudonné est content que Guéant lui fasse de la pub en voulant interdire sa liste, et puis tout le monde y va de sa petite condamnation, voilà, Dieudonné est antisémite, c'est un fait. Pourtant lui il dit : ah, non! Je suis antisioniste, c'est pas pareil! Mais quelle est la différence entre antisionisme et antisémitisme? Adolph Eichmann était sioniste dans les années 30, ça ne l'a pas empêché (bien au contraire, dirais-je cyniquement), de s'occuper des trains de la mort pendant la deuxième guerre mondiale. Et au fait, c'est quoi, le sionisme? C'est soutenir les bombardements à Gaza? Très peu pour moi, merci. Il va falloir faire un petit cours d'histoire. Et comprendre. Essayer de comprendre.
Les médias font leur boulot quand ils rapportent les propos des opposants, les manifestations, le soutien fracassant du terroriste Carlos, mais il n'y aucun travail d'analyse. On n'explique pas ce que c'est que le sionisme, on n'explique pas pourquoi un rabbin (Shmiel Mordche Borreman, citoyen belge, juif converti) pose sur l'affiche électorale qui a des allures de comédie loufoque à la "Snatch". On ne se demande pas comment un auteur marxiste et plutôt doué (Alain Soral) a pu tomber dans cette sinistre pantalonnade, en passant par la case FN il faut bien le rappeler. On ne se demande jamais pourquoi Dieudonné est si énervé après Israël et les Juifs. On ferme les yeux. On préfère ne pas en parler, de peur d'être à son tour taxé d'antisémitisme (ou antisionisme) car je le répète pour dissiper tout malentendu, dans l'esprit de Dieudonné, Israël et les Juifs c'est la même chose, c'est sur cette erreur fatale que repose tout son discours politique, discours faux et truffé de scories historiques mais qui est entendu et partagé par une majeure partie de la population, et c'est bien ça le drame. C'est aussi stupide que de dire que tous les Français du monde soutiennent la politique de Sarkozy.
Sur l'antisionisme, tout d'abord: tout de suite, c'est Gaza qui vient en tête. La sinistre bande de Gaza réduite en bouillie par les terribles bombes au phosphore de Tsahal. Discours antisioniste : Israël assassin! Juifs complices d'Israël! Bullshit. Pourquoi ne manifestent-ils pas aux côtés des Tamouls du Sri Lanka? Parce qu'il n'y a paradoxalement pas de meilleure tribune qu'une manifestation pacifiste pour décharger sa haine.
D'accord pour critiquer le politique d'Israël à l'encontre des Palestiniens. J'y reviens plus loin. Mais considérer que tous les juifs d'Israël soutiennent cette politique est une première erreur. Considérer que tous les juifs de France soutiennent cette politique est une deuxième grossière erreur (volontaire? Toute la question est là). De fait, le combat en faveur des Palestiniens est instrumentalisé. Il lui arrive même d'avoir des relents de pourriture nazie (voir l'excellent "Avocat de la Terreur" de Barbet Schröder, qui établit le lien direct entre l'anticolonialisme d'après-guerre et le nazisme, en la personne de François Genoud, banquier suisse dans les années 40, exécuteur testamentaire d'Hitler et Goebbels... et soutien financier du FLN algérien, puis des Palestiniens). J'ose même affirmer ici que le combat propalestinien peut être un avatar de l'antisémitisme le plus radical, dans la lignée directe des politiques hitlériennes de solution finale. L'antisémitisme est un fléau tenace, millénaire, tristement européen. C'est une corde sensible, un penchant profondément inscrit dans la société française, depuis sa création. Je ne vais pas revenir là-dessus. C'est sur cet antisémitisme-là ("Je suis Partout!") que surfe Dieudonné. "Je suis partout!", donc : dans les sphères de la finance, de la politique, de l'armée, et du cinéma tant qu’on y est ! Mais dans le discours de Dieudonné, le "Juif comploteur et malfaisant" est devenu le "sioniste", nouvelle expression d'un gigantesque complot mondial forcément ourdi par une poignée de rabbins très méchants qui s'étaient fixés pour but de tuer un maximum d'arabes en un minimum de temps. Dieudonné créé cette association d'idée et il sera malheureusement suivi par beaucoup de gens dans ce sens : les Français pure souche (anciens FN, comme Soral), eux-mêmes souvent déçus du marxisme (la fameuse tendance rouge brun - c'est les ouvriers au chômage qui votent Le Pen), nationalistes et attachés aux valeurs de la "race" française - des fachos standard, en somme, facilement identifiables : l'antisionisme est donc un nationalisme. Il s'élève contre le sionisme qu'il voit comme une espèce de complot mondial aux visées floues. Pourtant, dans sa définition même, le sionisme est aussi un nationalisme. La liste antisioniste ne manquera pas non plus de séduire une bonne partie de l’électorat arabe et/ou musulman, pour des raisons très faciles à comprendre. Un avocat de Bobigny, avocat des petites racailles de banlieue, me racontait qu’après Gaza certains de ses amis recevaient des SMS qui appelaient au boycott de Mac Donald’s et autres enseignes de style multinational, soutiens de l’armée israélienne. C’est la même bêtise que Dieudonné traitant Patrick Bruel de « soldat israélien » ou encore les manifestants qui accusent Arthur de soutenir Tsahal. Accusera-t-on Jamel Debbouze de néonazisme ? Cet antisémitisme arabe, c’est Yahia Gouasmi, fondateur et président du parti antisioniste, qui l’incarne : n’hésitant pas à dire que « le sionisme est partout ». Une déclaration (24/4/2009) qui achève de démontrer le glissement sémantique, du « sale Juif » au « sale sioniste ». L’innovation majeure de ces nouveaux fascistes, c’est qu’ils se veulent internationalistes, du moins ils s’affichent comme tels, et aussi « contre tous les communautarismes », comme en témoigne cette affiche électorale volontairement « united color », où sont représentés un ancien humoriste, ardent défenseur de la cause des noirs et de la mémoire sur l’esclavage, un auteur d’extrême gauche revêtu de brun, un rabbin ultraorthodoxe forcément contre Israël, et un arabe musulman obnubilé par le complot mondial. Chacun d’entre eux donne l’impression de soutenir une juste cause – nouveau coup de force : les damnés de la colonisation pour Dieudonné, les pauvres pour Soral, les arabes musulmans trop hâtivement taxés de délinquance et de terrorisme pour Gouasmi, les « bons juifs » floués par la conspiration sioniste pour Borreman.
Mais sur le fond, c’est la même chose : manquent Kémi Séba, Thomas Werlet, Marc-Claude de Portebane et quelques autres pour compléter le tableau de l’extrême droite contemporaine. A côté d’eux, Le Pen ressemble à un vieillard graisseux et sa fille à une barbie de fantaisie tout juste bonne à alimenter la paranoïa d’un Philippe Katerine. En d’autres termes, le fascisme s’est mondialisé : il ne connaît désormais plus aucune frontières, il ressemble à une somme de communautarismes qui s’allient non pas contre les communautarismes (comme ils l’affirment), mais contre une communauté : la communauté juive, qu’ils identifient à la cause sioniste, ce qui leur permet de dire en chœur qu’ils ne sont pas antisémites.
C'est là que ça se complique. C'est là qu'il faut parler un peu de ce rabbin (ce faux rabbin : Borreman est en réalité déguisé), parce qu'il est vrai que certains rabbins ultra orthodoxes sont contre l'Etat d'Israël, pour des raisons essentiellement religieuses. Je me rappelle pour ma part avoir entendu, pendant ces fameux bombardements à Gaza, un vibrant plaidoyer antisioniste dans la bouche d'un rabbin orthodoxe de New-York. Les juifs ultraorthodoxes n'aiment pas les faux messies, et se méfient des exaltations mystiques. Pour eux ce qui compte c'est la Torah, c'est Dieu. Je ne vais pas rentrer dans les détails, simplement affirmer que : pour certains juifs orthodoxes, l'Etat d'Israël n'a de raison d'être que si le Messie arrive sur Terre (ce qui n'est pas encore arrivé - pas à ma connaissance). Ces rabbins sont un peu énervés parce que le discours sioniste a fortement instrumentalisé les textes religieux, notamment le mythe de l'exode et le droit au retour, alors même qu'il s'agit d'un mouvement laïc. D'autres affirment que c'est nier la culture juive que de la circonscrire dans un état. Sur ce sujet, consulter l'excellent "Juif errant est arrivé" d'Albert Londres s’avère instructif pour comprendre ce que subissaient les Juifs dans les années 20 en Europe de l’est. J'en arrive au sionisme.
Une grande partie de l’opinion publique est persuadée que l’Etat d’Israël est né de la Shoah, en 1948. C’est officiellement vrai, la Shoah a accéléré le processus. Mais l’Etat d’Israël est en germe depuis la fin du XIXème siècle. A cette époque d’exaltation du nationalisme dans tous les pays d’Europe, il est nécessaire pour les élites dirigeantes de définir un ennemi intérieur. Et devinez qui ? Le colonel Dreyfus, bien sûr ! C’est Théodor Herzl, un journaliste autrichien, qui couvre le procès. Là encore, je vais faire court, et je renvoie le lecteur à la déclaration de Belfour, aux pogroms, aux yishuv et aux premiers kibboutz… On voit bien que la destinée d’Israël, n’avait à l’origine strictement rien d’assassin. Comme toutes les utopies. On parlait alors de décoloniser l’individu, d’émancipation du peuple juif dans un Etat où il pourrait exercer sa souveraineté – et quelle souveraineté ! C’est ça, le sionisme : c’est donner à un peuple le droit de disposer de lui-même dans les frontières d’un état. Mais comme dit l’adage, l’enfer est pavé de bonnes intentions, et le moins qu’on puisse dire c’est que la création de l’Etat d’Israël n’a pas été facile, pour la simple et bonne raison que cette terre sans peuple pour un peuple sans terre (selon l’expression consacrée), était habitée par les Palestiniens. Voir sur ce point l’excellent « Vérités sur un conflit » d’Alain Gresh, point de départ plutôt honnête (certes partial) pour comprendre ce qui se trame dans ces régions depuis 60 ans, et même avant.
Je laisse à Barack Obama le soin de régler le conflit au Proche-Orient et lui souhaite bien du courage. À la différence de son homologue français, Obama a les couilles suffisamment bien accrochées pour dire aux dirigeants israéliens qu’ils poussent le bouchon un peu loin, et que leur paix et leur sécurité doit passer par la création d’un Etat palestinien, il a le talent de s’ouvrir à l’Iran et au monde musulman (son discours d’aujourd’hui, au Caire, restera sans doute dans les annales), et de se prononcer en faveur de l’adhésion de la Turquie eu Europe.
Kouchner, lui, a déroulé le tapis rouge à son homologue israélien, Avigor Liebermann, le 5 mai dernier. Pas un mot sur Gaza. Pas un mot sur les intentions de Liebermann sur le sort des arabes d’Israël. Du caviar pour les antisionistes, qui ne manqueront pas d’interpréter cette poignée de main chaleureuse comme un signe supplémentaire de la conspiration israélite, sous prétexte que Kouchner est juif.
Bien sûr, les choses sont bien plus compliquées. De fait, Liebermann est un dirigeant politique d’extrême droite au même titre que feu Jorg Haider en son temps. Son mot d’ordre : la loyauté envers l’Etat. L’adhésion aveugle aux lois dictées par l’Etat. La protection de la nation par l’armée, renforcée par la peur de l’étranger, et la police. La surveillance, la suspicion généralisée. Je veux dire par là que Lieberman incarne un autre fascisme : le fascisme d’Etat, qui s’oppose au fascisme de Ligue (celui de la liste antisioniste, de type milicien ou tribal). Triste paradoxe, Israël est en train de devenir un Etat fasciste, qui n’a de cesse d’exalter les valeurs profondes du fascisme (virilité militaire, loyauté envers la hiérarchie, racisme envers les Arabes, amour du drapeau, colonisation nécessaire à la constitution d’un espace vital). La leçon, c’est qu’un pays qui défend la liberté (le monde libre) peut très vite devenir un pays totalitaire. Sur ces notions, la récente conférence de l'ONU sur le racisme a montré les limites de l'ingérence et des droits de l'homme. La France n’est pas à l’abri. L'Apartheid n'est pas un monopole sud africain.
Dieudonné et sa bande sont dans l’erreur, ils ne font qu’agiter un épouvantail malodorant et fallacieux à des fins électorales. Je me demande s’ils croient vraiment à leur délire. Je crois que oui.
Nous voici dans une position délicate : d’un côté, celui qui critique Dieudonné sera assimilé par eux à un sioniste convaincu qui applaudit aux bombardements de Gaza et se réjouit des lois racistes d’un Liebermann. D’un autre côté, celui qui critique Israël sera assimilé à un odieux antisémite déguisé en défenseur de la cause palestinienne. La paranoïa des antisionistes se gargarise de la méfiance des tenants du pouvoir, qui ont peur que cette liste ne leur vole des voix et, au lieu de l’attaquer frontalement pour démonter un à un ses arguments, préfèrent se servir de l’argument antisémite pour les bâillonner. Les antisionistes n’ont plus alors qu’à clamer haut et fort que le sionisme est partout, la preuve : c’est qu’on les empêche de parler.
Mais pourquoi ne parlons-nous pas des ONG d’Israël qui militent pour la paix, des Israéliens de la société civile qui s’opposent à cette politique d’agression des Palestiniens ? Pourquoi ne parlons-nous pas des Palestiniens qui veulent la paix ? Peace Now pour ne citer qu’eux en Israël, l’Union Juive de France pour la Paix (UJFP) ici…
D’un fascisme à l’autre (le fascisme de Liebermann, le fascisme de Dieudonné), il ne nous reste plus qu’à créer une nouvelle liste ; la liste antifasciste !


REAL POLITIK

Publié le 19/05/2009 à 15:41 par sinuzoid
En 2001 commence l'ère paradoxale du Real : Real TV, Real Politik. L'adjectif Real peut être traduit de différentes manières : à la fois réaliste (dans son acception allemande) et vrai, réel (dans son acception anglaise), l'adjectif prend en français le sens de "pragmatique", quand il concerne la conduite politique à adopter notamment dans le domaine des affaires étrangères (Kouchner, roi de l'ingérence, obligé d'avaler son chapeau estampillé Droits de l'homme), et le sens de réalité dans le domaine de la télévision et de la fiction : ainsi traduit-on "real TV" par : "télé réalité". Comme le montre brillamment le Zapping de l'année 2001, la télé réalité est bien plus qu'un concept norvégien. Le 11 septembre marque l'avènement de la réalité télé, dans la mesure où le moindre événement réel, la moindre in-formation est en même temps dé-formation, et dans une certaine mesure fiction. Les nombreux documentaires sur le 11 septembre, tendant à montrer qu'il s'agissait d'un complot effroyable digne d'un mauvais roman d'espionnage, le montrent de manière évidente : la réalité est devenue suspecte sitôt qu'on a entrepris de la montrer.
C'est à une véritable confusion des genres que nous assistons à l'ère du Real, car cette réalité, censée surgir comme telle du prisme de la virtualité, qui ne serait qu'un calque innocent posé sur le vrai monde, nous est "en réalité" de plus en plus inaccessible. C'est donc en revenant aux sources mêmes de la fiction (tout en se réclamant de cette "real politik" qui consiste à affronter les problèmes tels qu'ils viennent, sans présupposé idéologique - comme si la chose était possible) que le Politique (vu, ici, comme instrument du pouvoir) a réussi à retrouver sa raison d'être. De manière grossière, lorsque le journal de 13 heures de TF1, le jour même du deuxième tour, nous montre un pauvre petit vieux rossé par on ne sait quelle bande de voyous, larmoyant devant sa maison (fruit d'une vie toute entière de labeur!) ; de manière admirable, lorsqu'un candidat noir, tout droit sorti de la série 24 heures (première série post 11 septembre) se présente dans le camp démocrate pour devenir président des Etats-Unis, et qu'il y parvient en se présentant sous les traits d'un héros des temps modernes (c'est à dire largement relayé par les médias du monde entier et le Net), engagé dans une magnifique aventure humaine. Quelques années plus tôt Sorderbergh avait tenté de démonter le concept dans une real politik TV, "K-Street", qui se déroulait notamment dans les coulisses d'une boîte de communication travaillant majoritairement pour des hommes politiques.
Nous découvrons maintenant en cette fin de décennie que l'ère du Real, comme nouvel avatar du mensonge, touche à sa fin. La crise financière a achevé de montrer la virtualité du monde et de ses richesses. Nous entrons maintenant dans l'ère du Wrong, de l'erreur humaine, qu'elle soit militaire (la guerre en Irak, bientôt en Afghanistan), économique (la crise des subprimes, une "erreur de jugement" de la part des acteurs du marché), ou politique (voir sur ce point la déclaration célèbre d'Obama : "I screwed up", le jour où il découvre que Tom Daschle son secrétaire d'état à la Santé a oublié de payer ses impôts). Rappelons enfin qu'Obama, si intègre et si talentueux qu'il soit, n'a qu'une ambition : maintenir l'hégémonie américaine dans le monde. Aux chars sonnants et trébuchants de Bush succède la diplomatie et le "soft power" d'Obama.
Quelques éléments de réponse : `
1°) Gainsbourg, à qui l'on demande ce qu'il pense du socialisme (en 1981) - "un immonde travelot" - il est vrai que le communisme (chinois notamment) n'est rien de plus qu'un capitaiisme d'état.
2°) Règles élémentaires du commerce triangulaire (ou comment coloniser les peuples en douceur) : se rendre dans un pays avec quelques bibelots, les offrir à une tribu de ce pays, demander au chef de cette même tribu de capturer les membres de la tribu ennemie pour en faire des esclaves.
3°) Maintenir les citoyens dans un état de terreur constante. Leur donner à rêver de temps en temps :
http://www.dailymotion.com/relevance/search/sarkozy+femme+actuelle/video/x9bre7_nicolas-sarkozy-visite-surprise-a-f_news

TEL ARBRE TEL FRUIT

Publié le 14/05/2009 à 12:00 par sinuzoid
TEL ARBRE TEL FRUIT
Nous avons retrouvé, grâce à l'aide précieuse de l'association des amis décédés de Manuel Kim Goldstein, le testament de ce dernier, enfoui sous une épaisse couche de ciment à l'intersection de la rue de R. et de la rue D.

MODESTE PROPOSITION

Publié le 20/04/2009 à 12:00 par sinuzoid
C'est une triste chose de voir le contribuable de la communauté internationale (4,5 milliards de dollars) gaspillé dans la vaine reconstruction d'une bande de Gaza exsangue où les matières premières manquent et dans laquelle pour cause d'embargo, rien ne peut entrer.
Il faudrait donc, pour éviter que de tels gaspillages arrivent de nouveau, raser définitivement la bande de Gaza des cartes du monde. La bombe atomique est le moyen le plus efficace, mais aussi le plus honnête. Certes, il y aurait des vies humaines sacrifiées. Mais combien d'enfants meurent chaque jour de malnutrition? En outre ce lieu maudit est un repaires de terroristes, et c'est finalement sauver des vies humaines que de le condamner au néant, tant il est vrai que le terrorisme a pour vocation de tuer des civils. Ce serait la fin tant attendue du conflit au Proche-Orient.
Il faudrait aussi poursuivre l'expansion en Cisjordanie et utiliser les Palestiniens comme main d'oeuvre pour construire les colonies. A terme, ce qu'on appelait naguère Palestine disparaîtrait et les Palestiniens ne vivraient plus que dans des camps de réfugiés où ils est déjà très facile de les contrôler et les surveiller. Ainsi enfermés entre eux, pourquoi pas emmurés ou ceints de barbelés, ils ne représenteraient plus un danger pour l'Occident, ce qui ne manquerait pas de garantir la Paix aux citoyens du monde libre.
Il faudrait enfin éviter que ces populations aux moeurs tribales, manipulées par des chef religieux au discours haineux, ne se reproduisent. La stérilisation, plus qu'un droit de cuissage par trop moyen-âgeux (et donc, indigne d'une civilisation moderne comme la nôtre), reste le moyen le plus sûr d'éradiquer, sous cinquante ans, la population palestinienne. Dès lors, revendiquer un quelconque droit au retour sur une terre qui d'ores et déjà, ne leur a jamais vraiment appartenu, du moins pas sous la forme qui lui a été donnée, leur sera impossible.
La communauté internationale devrait sérieusement réfléchir à cette modeste proposition, faute de quoi la guerre, la haine contre l'occident et le fanatisme continueront de régner dans cette pourtant magnifique région du monde.

PAUVRE LILIAN - UNE AFFAIRE DE DOPAGE

Publié le 16/04/2009 à 12:00 par sinuzoid
Voici une information de la plus haute importance, qui ne manquera pas de compléter le triste tableau de ce blog paranoïde.
Le 12 juillet 1998, j'avais 16 ans, j'étais à Royan pour la finale de la coupe du monde qui se disputait entre le Brésil et l'équipe de France, les Bleus. Sur écran géant, j'ai vu Zidane marquer deux buts de la tête, Ronaldo passer à côté de son match et Petit inscrire le millième but de l'histoire de l'équipe de France après une course folle de 80 mètres. Les larmes de Jacquet, les Champs Elysées, et la une de "L'Equipe" : "Pour l'éternité".
A présent, quelques renseignements issus de Wikipédia :
En médecine, l'hématocrite est le pourcentage relatif du volume des cellules circulant dans le sang par rapport au volume total du sang.
Ce pourcentage correspond au rapport entre le volume qu'occupent les cellules circulantes du sang après centrifugation d'un prélèvement sanguin veineux et le volume centrifugé. C'est une approximation surestimée du volume qu'occupent les érythrocytes.
L'examen permettant de déterminer l' hématocrite s'appelle un hématocrite. Il est quasiment toujours couplé à la numération des érythrocytes.
Cette mesure est indispensable pour calculer le volume globulaire moyen ou VGM et la concentration corpusculaire moyenne en hémoglobine ou CCMH.
De nombreuses pathologies peuvent être responsables d'anomalies de l'hématocrite, avec en premier lieu, toutes les étiologies de l'anémie.
Sa valeur est variable selon l'âge et le sexe. En effet l'hématocrite est plus importante chez l'homme que la femme et elle est plus importante chez le nourrisson que chez une personne plus âgée. Chez l'homme, la valeur normale est de 45% plus ou moins 5%. Chez la femme, la valeur normale est de 42% plus ou moins 5%.
Sans parler du fait que bon nombre de joueurs de l'équipe de France victorieuse étaient issus du championnat italien - Deschamps, Zidane et bien d'autres - et donc pour la plupart, complètement shootés à la créatine (au moins entre 1995 et 1998), il se trouve (et je tiens cela d'une source sûre, on ne peut plus sûre) que les hématocrites des 22 joueurs concernés par cette historique finale (Brésiliens et Français confondus) étaient de 80 pour cents environ. Ronaldo, victime d'un fameux malaise avant le match, aurait fait une petite overdose de médicaments.
Le matin même, Jean-Marcel Ferret, médecin de l'équipe de France, a appelé tous ses joueurs et les a piqués comme des chevaux. Ils se sont tous laissés faire parce qu'ils se sont dit que c'était la finale et qu'il fallait la gagner. Une omerta pèse sur cette information de la plus haute importance, pour des raisons qu'il est inutile d'expliquer ici. Le seul joueur qui a refusé de se faire injecter ces substances (quelles substances? Je ne suis pas spécialiste. En tout cas, de quoi leur donner du souffle, de l'endurance et un taux d'hématocrite à 80 pour cent), c'est Lilian Thuram.
Reconnaissons au moins que c'était un beau match.
Quelques jours plus tard éclatait le scandale du dopage dans le milieu du cyclisme, avec le concert de trémolos et de laius moralisateurs que l'on sait.
Laissons les se droguer tranquillement. Arrêtons l'hypocrisie.

G20

Publié le 02/04/2009 à 12:00 par sinuzoid
G20
Londres, 2 avril 2009.
Le G20 est un supermarché paisible. C'est aussi le nom d'un groupe d'états qui détient 90 % de la richesse mondiale.

BRIBES POSTHUMES

Publié le 05/03/2009 à 12:00 par sinuzoid
"L'impossible, écrit Manuel Kim Goldstein dans son Précis d'Aliénation Volontaire, c'est la fiction." D'après Stankovic, Goldstein s'était, dans sa jeunesse (dont les dates sont encore floues, mais que certains topographes - Grass, Habermeyer - se plaisent à localiser du côté d'une ville aujourd'hui engloutie), violemment opposé à toute forme de dramaturgie et avait, dans son existence même, tenté par tous les moyens d'échapper à la structure du conte, proposant au contraire de développer "une fiction débarrassée de tout conflit dans la vie même", comme il l'écrit peut-être dans Le Droit au Retour, son émouvant recueil de poésies en prose publié avant sa naissance. "Avec la conception, ajoute-t-il, commence l'impossible."
Le goût de Goldstein pour les métaphores étranges l'avait définitivement rayé de la liste des auteurs en vue de son époque. Il s'était épuisé dans des métiers éprouvants, mais confiait dans son journal (dont les feuilles brûlées ont été partiellement réhabilitées grâce à une méthode de déchiffrage extrêmement pointue développée par le vulcanologue Aristide Kilikolo) : "Je continuerai toute ma vie de travailler parce que l'oisiveté est une dangereuse gangrène et surtout nous devons êtres solidaires de tous les travailleurs si l'idée de révolution a une valeur à nos yeux." Lors d'un récent colloque consacré à Goldstein, l'entomologiste Schlomo Banks, dans une remarquable intervention sur la relation de Goldstein avec certains insectes ("Oeuvre et absence d'Oeuvre, Dieu et les Insectes"), considérait cette phrase "indigne de l'oeuvre de Goldstein, et sans doute non écrite par lui, écrite non par lui, mais par un autre qui est toujours lui, qui est une sorte de négation de lui-même affirmée et niée". Cette réflexion suscita un vif émoi dans la communauté des spécialistes. Aujourd'hui encore, le médecin légiste Gil Grissom considère que "si Goldstein est mort, son oeuvre est sans intérêt ; si Goldstein est vivant, son oeuvre en a encore moins ; si Goldstein est vivant et mort à la fois, il faut lire son oeuvre en diagonale ; le plus intéressant pour nous serait que Goldstein n'ait jamais existé." Le colloque "Oeuvre et Absence d'Oeuvre" se termina par une intervention de l'ethnopsychanalyste Salomé Mitchum-Sellami, (dont certains disent qu'elle a tenu entre ses mains, un jour, un objet ayant appartenu à Goldstein), qui cita, en guise de conclusion, les derniers mots de "Droit au Retour" : "Je suis un humain qu'on prend à tort pour un insecte. Je m'écrase."

DERNIER SOUFFLE

Publié le 15/02/2009 à 12:00 par sinuzoid
DERNIER SOUFFLE
Le psychanalyste hongrois Fiodor Horváth établit dans son ouvrage de référence, Esthétique de la castration, que l'activité littéraire proprement dite n'est que l'actualisation inconsciente, déportée à l'échelle de l'individu, du rituel de sacrifice tel qu'il était pratiqué dans les sociétés primitives, relevant simultanément de la purgation (il utilise, de manière fallacieuse, le mot 'catharsis', qu'il faut cependant replacer dans le contexte de destruction ironique du carcan aristotélicien) et de l'offrande (préférant ici le mot "gift" à la terminologie maussienne de la donation). Son analyse très précise des textes posthumes de certains auteurs disparus (parmi lesquels figure, en bonne place, Manuel Kim Goldstein), nourrie d'exemples empruntés à la peinture de Gustave Moreau, étayée par son expérience des peintures rupestres, établit, dans la dissertation n°3, que "l'écrivain est celui qui reste dans la grotte avec les femmes.", définition audacieuse, à l'intersection du mythe et de la préhistoire, qui jette un éclairage nouveau sur l'activité littéraire.
Le document ci-dessus est une photographie de l'écran de l'ordinateur de Manuel Kim Goldstein, juste avant sa disparition. Certains exégètes comme Meyers ou Goldwin voient dans ce dernier texte aux allures de testament, l'influence de la peinture de Vincent Van Gogh.